La bouche et les yeux

Vos yeux

Chimiothérapie et radiothérapie peuvent provoquer des picotements, une sensation de brûlure, un larmoiement excessif, des irritations, une fatigue oculaire ou encore rendre le port de lentilles difficile. Les cils qui protègent vos yeux de la poussière peuvent également provisoirement tomber. Sans leur protection, les irritations peuvent être plus fréquentes. Certains agents présents dans les traitements de chimiothérapie peuvent également rendre la vision légèrement floue. 

Vous constatez un changement au niveau de vos yeux ou de votre vision ? Parlez-en directement à votre médecin et l’équipe soignante. Vérifiez également au préalable si vous pouvez porter des lentilles de contact au cours du traitement. Si la réponse est oui, faites encore plus attention que d’habitude au niveau de leur entretien : votre corps est fragilisé et se défend moins bien en cas d’infection. 

Quelques conseils

  • Utilisez un collyre, des larmes artificielles sans conservateur ou une crème oculaire prescrite par votre médecin pour diminuer les irritations ;
  • Consultez un ophtalmologue qui vous prescrira le produit adapté : Sterdex, Opticron, crème à la vitamine A, antihistaminique... ;
  • Portez dès que possible des lunettes de soleil et surtout en cas de vent pour protéger vos yeux des poussières ;
  • Lavez-vous fréquemment les mains et évitez de vous toucher les yeux

Votre bouche

Il est judicieux de prévoir une visite chez le dentiste avant de débuter le traitement. En effet, une bonne hygiène buccale vous évitera bien des soucis en cas de caries ou abcès durant la médication. Voyez également avec lui s’il est opportun d'entreprendre une cure de fluor pour pallier une sensibilité dentaire accrue. 

Chaque personne réagit différemment aux effets secondaires liés à la bouche et aux dents. Les inflammations de la bouche, le saignement des gencives, des épisodes infectieux dentaires et parodontaux, et la sècheresse de la muqueuse buccale sont cependant des effets secondaires courants de la chimiothérapie. 

Pour une hygiène buccodentaire irréprochable

  • Achetez une brosse à dent neuve, aux poils souples. Pour l’assouplir encore plus, vous pouvez la plonger dans de l’eau chaude avant chaque brossage ;
  • Utilisez un dentifrice doux, non abrasif. Evitez ceux qui contiennent des additifs comme des agents blanchissants ;
  • Evitez d’utiliser du fil dentaire ;
  • Après les repas, faites un bain de bouche. Attention : la plupart des bains de bouche vendus dans le commerce contiennent de l’alcool et sont plus agressifs. Privilégiez un bain de bouche doux et sans alcool ;
  • Si vous portez une prothèse dentaire, rincez-vous la bouche après chaque repas et faites-la tremper dans une solution nettoyante pendant la nuit ;
  • Evitez, autant que possible, l’alcool et le tabac ;
  • Veillez à votre alimentation : évitez les aliments trop épicés ou acides (citron, vinaigrette, moutarde) ou ceux qui sont sources d’aphte (comme le gruyère, l’ananas, les noix,...). Remplacez les aliments durs, croquants ou secs qui peuvent vous blesser (croûte de pain, chips, légumes crus...) par des aliments moelleux, mixés et faciles à avaler (milk-shakes, soupes, purées…).

En cas de sècheresse buccale

  • Rincez-vous la bouche à l’eau plusieurs fois par jour, ou si vous préférez, utilisez un spray de salive artificielle (Aequasyal®, par exemple) disponible sans ordonnance dans les pharmacies ;
  • Humidifiez-vous la bouche avec un vaporisateur d’eau thermale ;
  • Sucez des glaçons, des glaces à l’eau, des bonbons ou pastilles sans sucre pour activer la production de salive.

En cas de mauvaise haleine

  • Essayez les pastilles de chlorophylle (à avaler) disponibles sans ordonnance dans les pharmacies ;
  • Utilisez un gratte-langue, en particulier le matin;
  • Pensez à boire de l’eau régulièrement.

En cas de lésions dans la bouche

  • Privilégiez des aliments tièdes ou froids, qui diminuent la sensation de douleur par leur effet anesthésiant (SAUF en cas de chimio à base d’oxaliplatine : les boissons et aliments trop froids sont alors contre-indiqués) ;
  • Adoptez les bains de bouche anesthésiants qui rendent la cavité buccale moins sensible à l’absorption des aliments. Attention : ces bains bouche nécessitent des précautions d’usage et sont soumis aux prescriptions médicales. Vous devez par exemple respecter une demi-heure entre le gargarisme et le repas pour permettre au médicament de déployer toute son action mais aussi pour éviter d’«avaler de travers» (diminution de la sensation lors du passage des aliments) ;
  • Reposez vos gencives si vous êtes porteur d’une prothèse dentaire en la retirant la nuit ainsi que quelques heures entre les repas ;
  • Discutez avec votre médecin des possibilités de traitement contre la douleur, soit sous forme de gel pour une application locale ou de médicament. Un traitement temporaire à base de morphine peut parfois être indiqué ;
  • Signalez au médecin l’apparition d’une gêne douloureuse au moment d’avaler. Ce pourrait être le signe d’une inflammation plus bas dans votre gorge. Avec votre équipe soignante, considérez les alternatives aux médicaments en comprimés si leur absorption est trop douloureuse. Souvent les traitements sont disponibles en sirop, en suppositoires ou en injections (en usage temporaire);
  • Privilégiez une alimentation «non irritante». En cas de difficulté à vous alimenter et/ou de douleurs, des soins complémentaires peuvent vous être proposés : des préparations nutritives enrichies faciles à avaler, par exemple, ou, le cas échéant, la mise en place temporaire d’une sonde d’alimentation.

Zoom sur les aphtes

L’aphte est une inflammation ou une lésion de la muqueuse buccale. On parle de ‘mucite’ pour l’inflammation des muqueuses liée au traitement de chimiothérapie et de radiothérapie. 

Douloureuses, ces inflammations peuvent également se développer dans la gorge et rendent la déglutition particulièrement pénible, ce qui peut amener des difficultés à s’alimenter. A titre préventif, vous pouvez faire des bains de bouche, plusieurs fois par jour, durant la première semaine des traitements. Cela peut suffire à éviter l’apparition des aphtes.Et si ce n’est pas suffisant, un traitement antifongique qui favorisera la cicatrisation vous sera prescrit.

A noter :

  • Certaines plantes peuvent grandement aider à la cicatrisation des aphtes, par exemple en infusion : la réglisse, la sauge, le basilic et le thym donnent de très bons résultats. Appliquer une feuille de sauge directement sur l’aphte peut aussi se révéler efficace. 
  • Appliquez un sachet mouillé de thé ou d’infusion sur la zone douloureuse : une compresse naturelle qui atténue la sensation d’irritation.

     

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